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Présentation de mes photos de nature, chevaux, sports,randonnées et découvertes. Mes autres passions, la musique, les bandes dessinées.

mercredi 12 mars 2008

Marie Ravenel

     Moulin de Marie Ravenel, " la meunière poétesse ", qui y naquit le 23 mars 1811 où son père était meunier à Réthoville dans la Manche.

Ravenel_A


Adieu mon moulin

Adieu ! Petit Moulin, demeure hospitalière,

Une charmante solitude où sourit ma paupière,

Adieu, je vais quitter cet asile de paix.

Un destin ennemi m'arracha ma patrie ;

Mêlés tout souvenir dans mon année remplie

Dans un autre séjour me suivront à jamais.


Adieu ! Théâtre heureux des jeux de mon jeune âge,

Arbres qui si souvent me prêtiez votre ombrage,

Echo qui modulées mes joyeuses chansons,

Beaux prés, vertes collines, étant, le ruisseau limpide,

Qui vîtes s'envolez mon enfance rapide,

Guérets où se jouaient de si riches moissons.


À vue ! Songe riant qu'il fait naître l'Aurore,

Prestiges fortunés par qui tout se colore,

Demeurez en ces lieux... Au blanche vision !

O poésies, enfin, qui me fut aussi cher !

Vous ne me suivrez pas sur la terre étrangère :

Y pourrions nous chanter les hymnes de Sion ?...

Ravenel

Adieu ! Petites oiseaux dont la fraîche musique

Soutenez si gaiement mon essor poétique,

Et que je nourrissais durant les jours mauvais,

Fleurs qui trouviez l'abri sous ma main tutélaire,

Feuillages qui forment ni mon hôtel solitaire,

Adieu ! D'autres peut-être y prieront désormais.


Toi, roque mystérieux, témoin d'horrible fête,

Et dont les flancs mous sus affrontent les tempêtes

Des hivers, par milliers effacés devant toi,

Sur ton site désert, très de ses eaux limpides,

Tu diras au passant les forfaits des druides ;

Mais, hélas ! Pour toujours, ce sera loin de moi.


Adieu ! De mes amis la si douce présence...

Car leur coeurs dans l'exil me suivront en silence,

Et le mien, pour les voir, reviendra dans ces lieux ;

De tous mes biens, enfin, le seul bien qui me reste,

Je l'emmène avec moi... C'est un trésor céleste :

Un époux, mon vieux père et trois enfants joyeux.

Ravenel_B

Parmi les souvenirs que pour jamais j'adore,

C'est ici qu'au lever vers d'une admirable Aurore,

(Mes jours étaient encore à leur riant matin),

Le ciel me fit présent du doux titre de mère,

Et mon fils premier né, commençant sa carrière,

Vint, douce et tendre fleur couronnait mon hymen.

 

Vous Dans ce lien sacré, la nature captive

Concentra tous mes soins; inquiète, attentive,

De son premier regard je briguais la faveur.

Mais désire, oubliant sa faiblesse et sondage,

De ses sens délicat semblait hâter l'usage ;

Son berceau renfermait et mes yeux et mon coeur.


Suivies d'un petit frais à d'une soeur chérie,

Beaulieu, vous l'avez vu s'est lancés dans la vie !

Tourneriez, alors ; mon ciel était si bleu !

Mais mon azur se voile... Un nuage stérile

Planes sans mouvement sur mon nouvel asile,

Et je vous quitte enfin ; o ma vallée ! Adieu !


Marie Ravenel (1811 - 1893)

PS: " Les chtis " 1 heure 46 de détente et de bonheur,le film que nous avons vu dimanche soir.


Posté par patrick_ à 21:36 - Découvertes - Commentaires [55] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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